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Pascal Alemany / GPEN
Les Russes brillent aussi à Crozon-Morgat! Avec 2 nouvelles victoires, Team Russia distance Direct Sailing après 9 manches
La Russie est sur tous les plans d'eau. En Italie, l'équipe du Class America Synergy mène le classement provisoire du Louis Vuitton Trophy. Au même moment, les multicoques de course au large français s'apprêtent à quitter Saint Petersbourg pour revenir en Vendée. Et à Crozon-Morgat, c'est le Laser SB3 du Team Russia qui a pris les commandes du GPEN - Laser SB3 Eurocup. Le team, lui-aussi basé à Saint Petersbourg est venu en Bretagne avec pour objectif le prochain championnat du monde de la série.
Rodion Luka, le médaillé d'argent en 49er des Jeux Olympiques d'Athènes en 2004, a pris le dessus sur la flotte des 20 Laser SB3 qui disputent ce week-end la Laser SB3 Eurocup de cette série de monocoques identiques de 6,15 mètres de long. Le skipper ukrainien du bateau qui porte les couleurs du Team Russia (un défi de la dernière Volvo Ocean Race) a imposé sa marque sur la journée. Il a remporté deux manches sur les trois régates disputées sur le plan d'eau finistérien balayé par un vent d'ouest d'une dizaine de nœuds. « Nous sommes très contents de notre journée » pouvait en sourire le barreur de Team Russia à son retour au port. « Aujourd'hui, le travail d'équipe a mieux fonctionné. Du coup, c'était plus facile de se positionner au sein de la flotte. On n'a pas pris trop de risque. On est resté au centre et on a mieux négocié les oscillations du vent. »
Face aux Anglais de Rigging Gurus menés par Mark Richards et aux Français de Direct Sailing menés par le Figariste Thomas Rouxel, ils n'ont quasiment commis aucune faute et surtout, ils ont bien contrôlé leurs deux principaux adversaires au classement général. « Les Russes ont bien navigué » ne pouvait que constater Jerry Hill, équipier de Mark Richards et président de la classe Laser SB3 en Angleterre, vainqueur de la première régate disputée ce matin. « On a fait ce que l'on pouvait pour laisser les Français derrière, » mais cela n'a pas suffi pour les passer au classement général. Après 9 manches, dont les deux plus mauvaises ont pu être supprimées du classement provisoire, les Russes se retrouvent avec six points d'avance sur les Français. Eux-mêmes sont dotés d'un coussin de cinq points d'avance sur les Anglais. « Les Russes naviguent très bien » confirmait Eric Péron qui fait partie de l'équipage de Thomas Rouxel. « Ils étaient à notre portée, mais on a raté notre dernière manche ».
Si d'autres régates sont lancées lundi, pour la dernière journée de course, il faudra que les Français distancent largement le bateau russe pour espérer l'emporter. Les prévisions de vent ne sont cependant pas très optimistes...
De Saint Petersbourg à Crozon-Morgat
Le Blévec, Escoffier, Féquet, Cléris... Nombre de Bretons sont à Saint Petersbourg avant le départ, lundi, de la 2e étape de la course en multicoque de 50 pieds. Port d'attache de la campagne Team Russia pour la dernière Volvo Ocean Race, la course autour du monde en équipage, la deuxième ville de Russie est aussi le port d'attache du Laser SB3 venu en Bretagne participer au GPEN - Laser SB3 Eurocup.
« Le patron du team est à bord. Il est responsable du réglage du innker » présente Rodion Luka. Oleg Zherebtsov, tout juste 42 ans, est le créateur d'une chaîne de supermarchés en Russie. « C'est lui qui a créé l'équipe avec laquelle on a participé au tour du monde » ajoute le barreur Ukrainien. « Nous naviguons ensemble, avec Rodion, depuis la Volvo Ocean Race » confirme le Russe. Cette année, nous avons navigué en MK (ndr : un dériveur) mais nous avons préféré venir sur le circuit Laser SB3. La mer est assez formée au large de Saint Pe tersbourg alors c'est plus facile d'y naviguer avec le Laser SB3, car c'est un bateau plus puissant. Nous en avons d'ailleurs deux et il y a du potentiel pour une flotte de dix là-bas ». En Bretagne, Team Russia participe à sa troisième course de l'année. « Nous sommes allés régater à Cascais (au Portugal) et à Cowes (en Grande-Bretagne). Ensuite, nous devrions aller en Italie pour disputer le championnat du monde de la série. »
Ils ont dit
Rodion Luka, (Team Russia) 1er au classement général : « Nous sommes très contents de notre journée. Il y avait moins de vent et, pour notre équipe, c'était mieux car on a commis moins de faute. Le travail d'équipe a mieux fonctionné. Du coup, c'était plus facile de se positionner au sein de la flotte. On n'a pas pris trop de risque. On est resté au centre et on a mieux négocié les oscillations du vent. Lors de la 2e manche, le vent était plus perturbé alors les bateaux qui nous suivaient avaient la possibilité de revenir plus facilement. »
Eric Peron, (Direct Sailing) 2e du classement général : « Les Russes vont super bien. C'était à notre portée de rivaliser avec eux, mais nous avons raté notre dernière régate. Nous n'étions pas bien placés au départ et on est entré en contact avec un concurrent. On n'a pas eu la possibilité de nous écarter et nous avons donc dû effectuer une pénalité. »
Phil Peron, (Laser Performance) 10e du classement général : « Il y a de bonnes conditions pour naviguer même si le vent est assez variable en direction. La flotte est assez serrée donc c'était sympa et assez excitant de régater aujourd'hui. Dans ces conditions, on sait que tout peut se passer en quelques secondes. Le comité de course fait du très bon travail et il a enchaîné de belles manches. On voit que les Français marchent de mieux en mieux. En particulier les bateaux du Havre qui progressent de jour en jour. »